Oles ta Oles

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olestaoles72Dans un second ensemble de couplets (apparemment plus anciens et chantés en les enchaînant), le chanteur, toujours avec la réponse du groupe qui l’accompagne, s’efforce de dédier un chant à chacun des membres des maisons qu’ils visitent.

C’est précisément dans ce second ensemble de chansons qu’apparaissent les caractéristiques les plus remarquables, soit au niveau de la structure (la composition de la bien connue ancienne chanson), soit du point de vue littéraire (les images utilisées pour distinguer chacun des membres de la maisonnée), et aussi ethnographique (las formules et les façons de chanter les couplets).

Dans de nombreux endroits, les jeunes, avant de commencer à chanter, demandaient s’ils pouvaient chanter ou prier. Si, à cause d’un décès, il fallait garder le deuil dans la maison, les jeunes, accompagnés de la parentèle de la maison, récitaient plusieurs prières.

En revanche, s’ils étaient autorisés à chanter, le chant pouvait commencer. Mais le consentement était toujours nécessaire (on disait souvent que c’était le maire ou quelqu’un proche de lui qui le donnait). Après ces premières chansons, les suivantes étaient dédiées aux membres de la maisonnée en suivant cet ordre: le maître de maison, la maîtresse, le jeune couple habitant aussi sous le même toit, le fils aîné, la fille célibataire… Puis le reste des personnes: le prêtre qui vivait dans la maison, les personnes âgées, etc.

Dans la chanson dédiée à chacun des membres de la maison, il était fait mention d’une qualité ou d’un attribut de la personne visée: l’élégance et l’abondance de biens du maître, la beauté et la générosité de la maîtresse, la virilité du fils, le charme et la beauté de la fille…

Le cœur des habitants de la maison étant ainsi attendri, dans la dernière chanson était exposé le véritable motif de la visite: les jeunes venaient demander l’aumône et, soit pour le chemin, soit pour après avoir chanté, demandaient quelque chose à manger (chorizo, lard, saucisse, un œuf, etc.).

Si les membres de la maisonnée les leur en donnaient, parfait. Mais s’ils repartaient les mains vides ou si on ne faisait aucun cas d’eux, les jeunes lançaient une insulte ou une malédiction avant de s’en aller.

Ces vers proviennent de la zone de Itsasondo, au Gipuzkoa, et la dernière série de chansons a été composée avec quelques variantes collectées à Oiartzun.


Oles ta Oles
Itsasondo, Oiartzun (Gipuzkoa)

1.
Nous saluons les gens de la maison
et nous frappons à votre porte.
Nous frappons à votre porte
répondez-nous, braves gens.

2.
Nous vous saluons, nobles gens,
et nous vous apportons de bonnes nouvelles.
Que celui qui veut les entendre
tende bien l’oreille.

3.
Adam et Eve péchèrent
au paradis.
C’est de là que proviennent
tous nos maux et nos peines.

4.
Alors le Seigneur du Ciel
eut l’idée de créer
une nouvelle Eve.

5.
Nous trouvons la bonne Eve
à côte’ de Joseph à Bethléem.
Ils ont été logés
dans une misérable étable.

6.
Nous trouvons Jésus, Marie et Joseph
dans cette misérable étable.
C’est ainsi qu’ils l’ont voulu
pour donner l’exemple au monde.

7.
Ah, que le vent est doux!
Les feuilles mortes s’envolent.
Que Dieu accorde une bonne nuit
aux braves gens de la maison.

8.
Petites chaussures blanches en papier
lorsqu’il pleut je me mouille les pieds.
Que le maître de maison nous dise
si nous pouvons commencer à chanter.

9.
Un papier blanc à la main
et une assiette en or sur la table.
Nous sommes arrivés chez vous,
monsieur, sans aucune honte.

10.
Une étoile luit dans la nuit
et un frêne se penche sur la rivière.
La barbe du maître de maison
est en or fin.

11.
La barbe en or fin
et le dos en argent.
Il a pavé la chaussée qui va vers l´ église
de pièces de monnaie de deux réaux.

12.
Maîtresse de maison,
d´illustre naissance,
on m’a raconté en chemin
que tu donnes de bonnes pièces.